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20/06/2016

REF / CIBISTES : INTERVIEW DE F1TE (PRESIDENT DU R.E.F.)

Source : http://www.journal11m.com/interview-exclusive-pour-le-j11...

                                                                                   Bulletin du REF-media-1

J11M : Tout d’abord nous tenons à vous remercier, Monsieur le Président, ou plutôt Lucien F1TE, d’avoir contrairement à votre prédécesseur accepté de répondre positivement à la demande d’interview que nous vous avions présentée en tant que journal du 11 mètres et des Ondes Courtes.

Le journal du 11 mètres et des OC existe depuis maintenant un peu plus de 5 ans et informe ses lecteurs, sous la forme d’une revue de presse permanente et d’articles venant de nos correspondants, de tout ce qui touche de près ou de loin à la radio communication, au monde radioamateur et plus particulièrement à la bande 27 MHz qui nous est chère.

Tout d’abord, en tant que président de la plus ancienne association française de radioamateurs, quel regard avez-vous sur les activités des opérateurs de la bande 11 mètres, sachant que celle-ci a beaucoup évolué en 50 ans ?

F1TE : Concernant cette « interview », je vais répondre sans langue de bois avec ma franchise habituelle. Cependant, certaines de mes réponses seront tout à fait personnelles et n’engagent pas forcément le REF en tant qu’institution, sauf quand cela est précisé explicitement.

En tant que F1TE mais aussi en tant que président, je regarde avec sympathie toutes les activités qui tournent autour de la radio, que ce soient les opérateurs du 11 mètres, les passionnés de vieux matériel de réception etc.

Personnellement, je n’ai jamais utilisé cette bande car, dès le début de mon intérêt pour la radio, je suis passé pratiquement du poste à galène à l’émission sur toutes les bandes à la disposition des radioamateurs et je n’ai vraiment pris conscience de cette activité parallèle qu’au moment de sa libéralisation. Il faut se souvenir qu’à l’époque du passage de mon certificat d’opérateur, cette activité était soumise à enquête des Renseignements Généraux. Alors il n’était pas question de regarder ailleurs que sur les bandes autorisées. Et la CB n’existait pas non plus officiellement.

J11M : Nous sommes passés d’un statut d’opérateurs « pirates et marginaux » à celui de cibistes, avec la reconnaissance officielle de la Citizen Band en 1981, peu de temps après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir. La législation a progressé, nous accordant 40 canaux au lieu des 22 initiaux et tous les modes de modulation en phonie avec une puissance limitée à 4 watts. Après l’engouement des premières années, la Citizen Band française est vite devenue victime de son succès. Les cibistes, limités en fréquences utilisables et lassés des perturbations dont ils étaient victimes du fait de leur trop grand nombre entre les années 1980 et 1995, sont allés plus loin que les fréquences auxquelles ils avaient droit. Beaucoup ont cessé les émissions, certains sont devenus radioamateurs en passant une licence mais d’autres ont préféré rester actifs sur cette bande.

Comment considérez-vous ceux qui ont passé la licence aujourd’hui ?

F1TE : Je pense que votre question est relative aux cibistes qui sont devenus de radioamateurs. Nombre de ces « ex » sont des radioamateurs de premier plan, et je m’honore d’en compter parmi mes proches qui forment le socle de notre groupe à Bordeaux. La possibilité d’évoluer est permise à tout le monde, ceux qui ont fait cet effort ne le regrettent pas et ils ont été accueillis à bras ouverts au sein de notre Bordeaux‑DX‑Groupe.

J11M : Souvent, les cibistes qui se sont rapprochés des radio-clubs se sont plaints d’un accueil fort désagréable dans bien des situations. Certainement ceux-là ont été victimes d’une mauvaise image véhiculée par des personnes qui ne voyaient dans les cibistes que des personnes d’un rang et d’une qualité inférieure. Qu’avez-vous à leur dire aujourd’hui ?

F1TE : Ceux qui ont fait ce mauvais accueil ont failli à leur mission et à l’idéal radioamateur. Maintenant, il faut aussi regarder quel a été le comportement de ces personnes qui ont prétendu avoir été mal accueillies par des radioamateurs dans des radio-clubs. Rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. Est-ce que c’est vraiment parce qu’ils étaient cibistes qu’on les a mal accueillis ?  La question mérite d’être posée.

J11M : Nous ne reviendrons pas sur l’article qui est à l’origine de notre précédent contact par mail et qui a permis cette interview, mais même à l’heure actuelle, un certain nombre de radioamateurs fait encore preuve d’une certaine ségrégation vis-à-vis des opérateurs de la « bande 27 » et même, parmi vos rangs, de ceux qui en sont issus. Est-ce le conflit des générations qui en est la cause ou le fait qu’autrefois les radioamateurs étaient bien souvent des notables ?

F1TE : Il faut en finir avec le conflit de génération. Notables ?  C’est un lieu commun, des réminiscences d’un temps révolu depuis longtemps et on ne va pas traîner encore cette image qui depuis des dizaines d’années ne correspond plus à la réalité. Je suis au contact de ce milieu depuis plus de cinquante ans et oui, j’en ai connu en effet, des notables, mais l’OM qui m’a expliqué comment fonctionnait un décodeur RTTY avec un télétype mécanique CREED 7BN4 était marchand de cochons, et un autre que j’ai bien connu était apiculteur, et les traiter de notables les auraient amusés. J’ai le plus profond respect pour ces anciens, aujourd’hui SK. Si ségrégation vous constatez, je pense que l’analyse de la responsabilité est peut être partagée. Quand je lis dans un certain journal cibiste (vous n’êtes pas en cause) des attaques incessantes contre le REF, que j’y vois publier des photos de notre salon Hamexpo prises en tout début ou en fin de journée pour pouvoir se réjouir d’une « baisse de fréquentation », que j’y lis des assertions carrément diffamatoires, où se situe alors la ségrégation ? Comprenez qu’à la lecture de cela, certains radio-clubs aient pu réagir négativement, comme vous le mentionnez précédemment.

J11M : Face à cette difficulté qu’ont pu rencontrer des opérateurs de la bande 11 mètres vis-à-vis de certains radio-clubs et radioamateurs, un certain nombre cependant se sont ouverts à nous en nous accueillant simplement comme des passionnés que nous sommes. Des partenariats se sont créés, comme ceux que nous avons avec RadioAmateurs France ou l’ANRPFD, à une époque où les portes du REFnous étaient encore fermées, car nous avons trouvé chez eux une oreille attentive.

Qu’en pensez-vous et quelle est la position du REF aujourd’hui ?

F1TE : Même si cela correspond plus à une politique de « la masse critique » pour compter, elles ont bien fait, ça va dans le sens du recrutement vers la licence radioamateur.

J11M : Il a été reproché au REF d’être responsable de la disparition de la licence F0, ou plus précisément de n’avoir pas « levé le petit doigt » pour qu’elle soit maintenue. A l’époque des débats sur ce sujet, certains ont dit haut et fort qu’elle n’était qu’une étape vers la licence F4. Les F0 ont été décriés, mais quel est aujourd’hui le bilan que vous en faites et ne pensez-vous pas qu’elle aurait dû être maintenue ? Car en fait, on constate encore une fois que beaucoup d’opérateurs ont travaillé pour passer à une licence supérieure.

F1TE : Je veux tordre le cou à cette calomnie colportée par des personnes qui prennent des libertés sur la chronologie des évènements pour nuire au REF. Cette histoire de la suppression de la licence F0, je l’ai vécue en « direct live » étant présent à la réunion avec l’administration lors de cette annonce qui nous a tous surpris. Nous étions en phase de finalisation avec l’ARCEP de la nouvelle règlementation libéralisant l’accès à tous les modes numériques lorsque le fonctionnaire de la DGCIS nous a informés de cette suppression et du fait que celle-ci était actée en haut lieu et non négociable. Le décret a été signé dans l’urgence par le ministre BESSON quelques jours avant le changement de gouvernement en 2012. Il était donc trop tard, malgré les réserves que nous avions formulées et qui figurent au compte-rendu de cette réunion. Je peux apporter la preuve de tout ceci, le REF n’avait aucun intérêt à la disparition des F0. J’ai personnellement toujours pensé que le péché originel de cette licence novice était sa durée illimitée. Un noviciat, par définition, est une période de formation transitoire qui doit normalement déboucher sur la licence complète pour éviter cette frustration de ne pouvoir accéder à toutes les bandes. Certains ont fait cet effort et je les en félicite. Les F0 qui ont été décriés sont ceux qui n’ayant pas fait cet effort, et c’était leur droit, ont outrepassé leur niveau de licence et donc provoqué des réactions auprès de ceux qui avaient travaillé, et certains durement, pour évoluer.

J11M : Nous pensons que ces épisodes de rejet des opérateurs venus du 11 mètres et la disparition de la F0 ont porté un préjudice important au monde radioamateur, et au REF en particulier, qui voient les effectifs diminuer alors que dans d’autre pays et d’autres associations ils augmentent ?

F1TE : Les analyses statistiques des chiffres fournis par l’ANFR montrent que la diminution du nombre de radioamateurs en France n’a jamais été aussi forte que pendant la période d’existence de la licence F0. Donc, attribuer tous les maux à sa suppression est une analyse volontairement simpliste et biaisée de la part de ceux qui en ont fait leur credo. Si cette licence d’entrée était vraiment la solution à notre problème de recrutement, pourquoi alors le nombre de radioamateur en France n’a pas explosé pendant toute la période de son existence ? Lors de la table ronde avec les autres associations que j’ai organisée l’an dernier lors du salon Hamexpo, un responsable d’association a déclaré, je le cite de mémoire, « nous avons en France la licence généraliste la plus accessible d’Europe ». Je lui laisse la responsabilité de ce propos. Si aucune autorité règlementaire en face ne veut réintroduire ce niveau de licence, il est inutile de perdre son temps en  gesticulations de façade. Aujourd’hui nous sommes devant un blocage sur le sujet. Mais cela peut évoluer, évoluer et le REF saisira toutes les opportunités, des agents de la poste aujourd’hui sont bien habilités à faire passer des épreuves du permis de conduire.

J11M : Il y a de plus en plus d’activités communes entre radioamateurs et amateurs radio de la bande 27 MHZ, que ce soit sur le terrain, dans les radio-clubs et les salons et dans la promotion de nos activités auprès des jeunes et dans les écoles. Le REF a-t’il prévu d’aller encore plus loin dans ce sens, et si oui, qu’envisage-t-il d’entreprendre ?

F1TE : Pourquoi pas une invitation officielle à participer à notre salon Hamexpo ? Dans tous les cas, vous êtes autorisés à relayer sans modération toutes nos informations et vous pouvez nous interpeller à tout moment, tant que la courtoisie sera de mise.

J11M : Il y a d’excellents opérateurs dans les deux groupes que nous représentons, d’excellents techniciens aussi, mais beaucoup souhaiteraient n’être que des opérateurs sans avoir l’obligation d’apprendre (je ne parle pas des bases minimales nécessaires pour opérer sans perturber) la technique pour obtenir l’autorisation d’émettre en toute légalité. D’autres ne sont que des techniciens et ne trafiquent quasiment jamais sur l’air, alors ne pensez-vous pas que la licence doive évoluer dans ce sens, d’une part (une licence technique et une licence opérateur comme cela existe pour la navigation aérienne ou maritime) et que d’autre part les radioamateurs devraient avoir (officiellement) accès à une plus grande liberté de langage dans leurs QSO ?

F1TE : Les conditions d’utilisation de nos fréquences sont régies par le RR, règlement des radiocommunications qui résultent d’accords internationaux. Dans ces conditions nous avons accès à de très nombreuses fréquences pour le service amateur et amateur par satellite, on m’a avancé le chiffre de 22% du spectre géré par l’ARCEP, c’est un privilège énorme qui a sa contrepartie que vous pouvez trouver contraignante. 

Questionné par le REF au sujet des licences, la DGE, qui a compétence pour établir la règlementation et l’ANFR qui en assure la gestion, prétendent ne pas disposer de crédits supplémentaires pour établir et gérer divers niveaux de licences. Il ne faut pas oublier que c’est l’argument qui nous a été avancé à l’époque pour justifier la suppression de la classe 3, de l’examen de CW et la mise en œuvre de la classe unique de licence. Il s’agissait d’une directive d’économie du ministère dans le cadre de la RGPP du précédent gouvernement. Mais je ne pense pas que la politique actuelle soit foncièrement différente en matière budgétaire.

Certains dirons « et la taxe annuelle » ? Là aussi questionné par le REF, la DGE nous a répondu que non revalorisées depuis au moins vingt ans, elle faisait partie de ces taxes qui coutent plus à collecter qu’elles ne rapportent, mais que sa collecte avait simplement la fonction de maintenir les fichiers à jour.

Concernant la liberté de langage que vous évoquez il existe une telle tolérance dans l’application de nos règlements que je me demande ce qui se dirait alors sur l’air si ces règles étaient officiellement assouplies. A titre personnel, je ne souhaite pas que ces conditions changent.

J11M : Actuellement en France, il n’y a que la licence F4. Même si le niveau semble facile pour certains, elle n’autorise plus les nouveau licenciés à pratiquer la télégraphie auditive. La télégraphie n’est plus obligatoire, mais ne serait-il pas envisageable d’avoir une licence nouvelle équivalente à la F4 qui permettrait à de nouveaux licenciés de pouvoir la pratiquer en toute légalité ?

Pour information, nous avons sur la bande 27 MHz d’excellents télégraphistes qui opèrent aux environs de 27,500 MHz, et nous savons que quelques radioamateurs ont plaisir à venir trafiquer avec eux (sans utiliser leur indicatif officiel).  

F1TE : Vous faites une confusion. L’arrêté du 23 avril 2012 pris par le Ministère de L’économie, des Finances, de L’industrie et de l’Economie Numérique fixe uniquement les conditions d’obtention des certificats d’opérateur. Il institue bien une classe unique, mais ne précise rien quant aux modalités d’utilisation des fréquences allouées au service amateur, car cela relève de la seule compétence de l’ARCEP. Je vous invite à relire la décision n° 2012-1241 du 2 octobre 2012 fixant les conditions d’utilisation des fréquences par les stations radioélectriques du service d’amateur ou du service d’amateur par satellite. Rien dans ce texte ne vous permet de dire que tel mode de communication est interdit à untel ou untel, et surtout pas la télégraphie auditive, mode remis au même niveau que tous les autres sans aucune restriction. La restriction que vous évoquez figurait en effet dans l’annexe 2 de la décision de l’ARCEP n° 2010-0537 du 4 mai 2010, abrogée par la dernière décision de 2012. Seuls, les détenteurs actuels de l’ancienne classe 3 (F0) sont encore soumis à certaines restrictions de bande et de puissance prévues initialement pour leur catégorie. Mai eux aussi peuvent faire de la télégraphie auditive, classe d’émission A1A et A2A.

J11M : Je pense que vous n’ignorez pas que les opérateurs de la bande 27 MHZ sont maintenant répartis en 3 familles : la première est celle des cibistes opérant en AM et en FM, le plus souvent sur les 40 canaux autorisés, et occasionnellement en BLU. Ses effectifs se sont considérablement réduits du fait des perturbateurs, de l’avènement de la téléphonie portable low cost et du développement d’Internet.

La deuxième famille est composée d’opérateurs dits « signaleurs ». Ceux-ci sont très majoritairement regroupés au sein d’associations et proposent leurs services afin d’assurer la sécurité lors de manifestations principalement sportives ou culturelles.

Mais pour des raisons de fiabilité des liaisons, ils utilisent de moins en moins la bande 27 et louent des fréquences à l’ANFR, en VHF ou en UHF.

Enfin la troisième grande famille, qui regroupe actuellement le plus d’opérateurs, est celle dite des « amateurs radio » ou « DX’eurs ». Elle est composée de passionnés  de tous âges, d’anciens cibistes ayant aussi appartenu au deux premières familles, mais qui souhaitent des contacts plus lointains et d’une plus grande qualité .

Parmi eux, certains aspirent à devenir radioamateurs et d’autres non , pour les raisons évoquées précédemment. Mais dans leur très grande majorité, ce sont des opérateurs chevronnés, parfois de très bons techniciens et qui vivent la radio passionnément. Ils établissent principalement leurs contacts dans la portion que nous appelons la « free band » entre 27,400 et 27,995 MHz. Ils maitrisent parfaitement les matériels radios, trafiquent souvent dans tous les modes de transmissions et en dehors du contenu des QSO ont un trafic quasi identique à celui des radioamateurs licenciés. On dit souvent que cette troisième famille est le vivier des futurs radioamateurs…

Quel regard porte le REF sur ces différentes familles, et sur la troisième en particulier ?

Comment pensez-vous vous y prendre pour les attirer de nouveau au radioamateurisme alors qu’un certain nombre de ces opérateurs, du fait de mésaventures passées, semblent préférer rester sur la bande 11 mètres ?

F1TE : C’est une question à tiroirs qui chevauche la suivante !

Toutes ces catégories pourraient trouver de quoi exercer leur passion chez nous :

– Dans le trafic local ou sur les relais.

– Dans les activités au service de la société civile dans le cadre des ADRASEC pour vos « signaleurs ».

– Sur toutes nos bandes dans les activités tournant autour du DX, Dx-Expéditions par exemple.

Au REF, nous aurions envie de dire à toutes les catégories que vous citez : ne restez pas dans le cadre de cette activité si vous le trouvez trop étroit. Avec un tout petit effort de votre part, vous trouverez dans le radioamateurisme « licencié » forcément de quoi vous épanouir dans les nombreuses bandes et modes qui nous sont accordés, et c’est le rôle du REF de vous y aider. Par ailleurs, vous bénéficieriez des services du REF, comme par exemple son service juridique dans le cadre de l’installation de vos antennes qui devient de plus en plus délicat. Nous avons à la disposition de nos membres toute une jurisprudence favorable à faire valoir, depuis le droit à l’antenne acquis par le REF dans les années soixante. Les membres qui utilisent notre service dès le début de leurs projets voient leurs autorisations accordées.

Mais si le cadre actuel  des catégories que vous citez vous convient parfaitement, alors ne changez rien. Sachez quand même que le REF et le radioamateurisme restent à votre portée et vous attendent. 

J11M : Comment pensez-vous que les activités radioamateur puissent évoluer dans l’avenir ?

F1TE : Le REF se doit de tirer vers le haut les activités radioamateur en les portant à la connaissance du plus grand nombre pour les démystifier. Pas dans un sens élitiste, mais pour aiguiser la curiosité de notre société blasée par toute cette technologie accessible sans effort. Oui, je suis atterré par le manque de curiosité de la jeunesse. Et des moins jeunes aussi. Je crois personnellement à l’intérêt que l’on doit porter au domaine des transmissions spatiales, aux nouvelles techniques numériques de transmission du son et des images. Mais il ne faut pas oublier l’apport des radioamateurs au service de la société civile ou leur savoir-faire en matière de communication apporte une aide capitale aux services publics. Il y a là matière à susciter des vocations.

J11M : Il semblait évident pour beaucoup de monde, et en particulier pour deux des candidats à la dernière élection présidentielle, que la règlementation de la Citizen Band était obsolète, y compris pour le président actuel François Hollande. Rien n’a été fait en ce sens. Pensez-vous que cela soit envisageable, et comment pensez-vous qu’elle puisse évoluer, si évolution il devait y avoir ?

F1TE : Je n’ai pas vraiment d’avis sur l’évolution que vous évoquez, mais bien évidemment, une règlementation qui donnerait aux cibistes les mêmes droits qu’aux radioamateurs sans aucune de nos restrictions, contrôles ou examens, n’aurait pas l’approbation du REF. Ce n’est pas une question de protection de privilège mais de justice.

J11M : Les administrations de tutelles sont actuellement plus préoccupées par les fréquences attribuables à la téléphonie mobile ainsi qu’aux fréquences concernant les objets connectés. En parlant des objets connectés, les CPL, malgré une règlementation qui ne devrait pas leur permettre de nuire, sont une véritable source de pollution hertzienne, au point que beaucoup d’opérateurs, tant chez les radioamateurs que chez les utilisateurs du 27 MHz ne peuvent plus pratiquer depuis leur domicile. Le développement et les extensions avec notamment l’arrivée des compteurs Linky et autres gadgets de plus en plus nombreux sont à craindre pour l’avenir. Comment se prémunir de nouvelles pollutions hertziennes et qu’envisagez-vous à ce sujet ?

F1TE : Le REF, membre fondateur de l’IARU est engagé au niveau du comité C7 et travaille activement sur ce sujet avec nos homologues européens. Nous avons nommé un responsable REF auprès de l’IARU dans le groupe qui travaille auprès de tous les organismes de normalisation et de certification. Notre représentant était présent à la dernière réunion de l’IARU à Vienne qui a planché sur ces sujets.

J11M : Un projet a été avancé ayant pour intention de légaliser l’utilisation de la portion de spectre située à partir de la limite  haute de la bande 11 m CB actuelle (27,405 MHz) jusqu’à  la limite basse de la bande radioamateur 10 m. Cette portion de spectre, comme vous le savez sûrement, est utilisée mondialement depuis très longtemps par les « amateurs radio » pour les contacts DX, et plusieurs aimeraient la voir « officialisée ».

 

1- croyez-vous que la réalisation de ce projet soit souhaitable ?

2- croyez-vous que ce projet soit réalisable ?

3- quel impact la réalisation de ce projet aurait-il sur le radioamateurisme ? 

(question d’un de nos membres).

F1TE : Si vous, vous pensez que ce projet est souhaitable, alors défendez-le.

Nous veillons à l’intégrité et au respect scrupuleux de nos bandes, et nous avons un délégué REF à l’IARU dans le groupe de travail « intruders ». Tout ce qui se rapporte aux bandes non amateur ne nous concerne pas et nous n’aurons jamais à donner notre avis.

Mais puisque vous me le demandez quand même, je pense qu’un tel projet aura du mal à voir le jour car il y a bien des obstacles juridiques et internationaux.

Et pour ce qui est de son impact sur le radioamateurisme légal actuel, je vous renverrai à ma réponse précédente : « une règlementation qui donnerait les mêmes droits qu’aux radioamateurs sans aucune de nos restrictions, contrôles ou examens, n’aurait pas l’approbation du REF ». 

Ceci-dit, compte tenu de l’activité solaire atone actuelle, le soleil semble assez paresseux en ce moment, des prévisions de propagation sur cette bande onze mètres dans les années, voire le siècle à venir, vos adeptes du DX devraient envisager sérieusement un reclassement dans les bandes radioamateur s’ils veulent espérer faire des contacts intéressants. L’âge d’or du DX sur cette bande, et sur la bande dix mètres assi, est malheureusement terminé et le REF n’y est pour rien. Une raison de plus à votre catégorie 3 pour franchir le pas.

Pour conclure cette interview, je dirais que nous avons bien des points communs, et que tant que je serai en charge de l’association, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour attirer le plus de monde possible autour du REF. Le radioamateurisme a une éthique que le REF en tant qu’association souhaite préserver. Après, comme dans toute société, les comportements individuels peuvent ne pas forcément correspondre, mais ce serait une grave erreur de faire l’amalgame et d’en reporter la responsabilité sur l’institution. 

Un salut amical du REF à tous les cibistes.

Lucien F1TE.

NDLR: Partage et diffusion de cet article autorisé, sous réserve d’en citer la source et sans modification du contenu. ll en va de même pour les commentaires qui suivent.