UA-74718949-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/02/2017

QUAND LE RCE VOLE AU SECOURS DU CLOS LUPIN

Kipmi

Depuis le départ en retraite de notre ami Patrick GUEULLE, c'est le Radio-club qui assure officiellement la maintenance des audio-guides du Clos Arsène Lupin.

Déjà vieillissants car utilisés d'une façon intensive (ils passent entre les mains d'environ 17 000 visiteurs par an), ces petits boîtiers baptisés "Kipmi+" sont des versions "professionnelles" de ceux qui sont vendus, à un prix extrêmement modique, par l'Office de Tourisme pour accompagner les visites de la ville et de ses environs.

Une technologie innovante permet de concilier une excellente qualité de son à une utilisation simple, et à une longue autonomie de leur batterie Li-ion rechargeable.

Basé sur un brevet français, ce matériel commercialisé par la société SCCT sous la marque Audioguide du voyageur (filiale des éditions Gallimard) est en réalité fabriqué en Chine et souffre d'un certain nombre de points faibles générateurs de pannes à répétition, parfaitement identifiées.

La plus fréquente est purement mécanique : l'ergot de plastique situé au dos du bouton central (qui vient appuyer sur un contact "dôme") n'est pas assez solide et casse prématurément. Il est alors avantageux de le remplacer (avec soin) par une petite goutte de colle thermofusible, opération qui nécessite la dépose de la carte électronique interne.

Pour commencer, il faut ouvrir le boîtier en retirant les deux vis situées près de la fixation de la dragonne. Bien souvent, elles tourneront dans le vide, et il faudra renfoncer, au fer à souder, leurs écrous "inserts" plus profondément dans le plastique (qui est un très robuste ABS).

Les deux coques du boîtier sont clipsées et se séparent en les écartant fermement à l'aide d'un tournevis plat.

On débranche alors la batterie et la LED bicolore située en haut du boîtier, puis on libère (sans nécessairement le débrancher) l'afficheur rétro-éclairé en retirant les deux vis (noires) qui tiennent la patte en plastique blanc dont les oreilles sont souvent fêlées (prévoir un point de colle néoprène ou vinylique lors du remontage).

Quatre petites vis (brillantes) sont encore à retirer pour libérer la carte, mais il faut faire extrêmement attention au minuscule interrupteur marche-arrêt (le bouton vert latéral) qui casse avec une facilité déconcertante tant il est sous-dimensionné pour l'usage intensif qui est le sien. Et c'est encore plus vrai au remontage, s'il est mal positionné !

On repèrera bien le placement du petit écouteur, et du fil rouge qui constitue l'antenne du système antivol dont sont munis ces appareils, afin de tout remonter correctement.

Peu de pannes concernent l'électronique proprement dite (organisée autour d'un circuit ASIC qui n'est évidemment pas documenté) à part le connecteur de casque (jack stéréo 3,5 mm) souvent mis à mal par des déconnexions et reconnexions bien trop fréquentes pour sa piètre qualité. Tout au plus peut-on en redresser légèrement les contacts en faisant prudemment levier avec un trombone déplié. Normalement, il n'y a nul besoin d'intervenir sur les soudures, ni d'instiller un quelconque produit nettoyant.

Au remontage, il faut veiller à ne rien oublier (notamment la dragonne !) et à bien positionner, dans ses guides, le connecteur situé en bas du boîtier.

Celui-ci sert à la fois pour la recharge de la batterie, et pour l'accès à la mémoire Flash via une connexion USB (cordon spécifique à réaliser).

Initialement prévue pour charger ou mettre à jour le contenu sonore de l'audioguide, la liaison avec un ordinateur est également utile pour reprogrammer des mémoires "plantées" : remise en état de pistes audio qui se bloquent, par exemple.

La procédure la plus radicale consiste à réinitialiser complètement la mémoire en branchant le cordon USB sur un PC que l'on aura d'abord booté sur une Livekey Android, jusqu'à ce qu'un message "Blank SD card" ou similaire s'affiche. On repassera alors sous Windows, et le Kipmi devrait être reconnu comme un disque amovible d'environ 2 Go que l'on formatera en FAT32 avant d'y copier les deux dossiers (Français et English, plus éventuellement Extra) préalablement sauvegardés depuis un boîtier "sain".

A noter que chacun d'eux contient un fichier par plage sonore (de 1 à 12), dont l'extension est .SCCT, mais qui sont en réalité codés en format Ogg-Vorbis (et non pas MP3).

Il ne restera plus qu'à contrôler le bon fonctionnement général (casque compris...), sans oublier celui du voyant bicolore : rouge clignotant = en charge, vert = chargé, rouge fixe persistant = batterie H.S.

11/02/2017

UNE PHOTO RARISSIME

Un article exclusif de notre éminent membre, Patrick GUEULLE, bien connu des amateurs - et des professionnels - pour ses articles et ses ouvrages toujours très appréciés.

F256.jpg

Beaucoup de choses fort intéressantes peuvent être découvertes en extrayant des puces électroniques de leurs encapsulations, à commencer par des références de circuits intégrés dont le marquage externe a été volontairement effacé pour compliquer d'éventuelles tentatives de "reverse engineering".

Bien entendu, cela concerne non seulement les composants en boîtiers à broches ou CMS, mais aussi les "chip on board" et... les cartes à puce, avec ou sans contact !

Une méthode à la portée de tous (ou presque) consiste à faire bouillir l'objet dans de l'acide sulfurique concentré (95 à 98 %).

Bien que sa température d'ébullition dépasse les 300° C, cela peut se faire avec un simple tube à essais en pyrex et une petite lampe à alcool.

Dans le cas de pièces plus encombrantes (modules enrobés de résine), on préfèrera un "bécher" sur une plaque chauffante, et on devra peut-être enchaîner plusieurs passes en renouvelant l'acide.

De strictes précautions s'imposent pour éviter les projections, ainsi que l'exposition aux vapeurs blanches (dioxyde de soufre) qui se dégagent dès que la bonne température est dépassée.

Et on se souviendra du vieil adage "toujours verser l'acide dans l'eau et non pas l'eau dans l'acide" lorsqu'il s'agira de diluer la "soupe" noirâtre obtenue après complet refroidissement. On finira enfin par un rinçage soigneux dans de l'acétone.

Très énergique et efficace sur la plupart des matériaux d'encapsulage (à commencer par les époxydes), ce procédé est assez destructif, mais néanmoins idéal pour examiner des puces inconnues au microscope "métallographique" (autrement dit à éclairage par le dessus).

Des méthodes moins brutales mais plus délicates sont employées dans les laboratoires industriels, universitaires, et même de police scientifique : jet d'acide nitrique "fumant" chauffé à des températures plus modérées, ou "solvants réactifs" capables d'agir quasiment à froid : gamme Panasolve, DePot de 3gforensics, voire quelques rares décapants professionnels pour peintures et résines bi-composants.

Il y a tout juste un quart de siècle, j'avais eu le privilège de voir à l'oeuvre une petite machine automatisant ces moyens pour ouvrir des cartes à puce devant rester parfaitement fonctionnelles : c'était au SEPT de Caen, rattaché ensuite au CNET et finalement rebaptisé "Orange Labs".

L'exceptionnelle photo que voici montre ainsi une télécarte de 1ère génération (EPROM de 256 bits, masque daté de 1987) dont une bonne partie de la puce a été dégagée sans casser aucun des fils qui la raccordent aux 8 contacts du "micromodule".

Cela permet notamment de l'effacer aux UV, afin de la reprogrammer en toute liberté. D'autant plus que le fusible censé interdire l'altération de ses 96 premiers bits (là où se situe son numéro de série réputé "unique"), n'a pas été grillé avant sa sortie d'usine : une faute lourde du fabricant, en somme, qu'il s'agissait précisément de mettre en évidence.

Autant dire que cette carte devenue "rechargeable" aurait parfaitement pu servir, jusqu'à une époque pas si ancienne, à téléphoner dans les cabines publiques, stationner avec un "PIAF" (Parcmètre Individuel A Fente), ou faire laver sa voiture dans les stations-service sans bourse délier...

Mais aujourd'hui, même si Roland Moreno doit se retourner dans sa tombe, c'est avant tout une précieuse pièce de musée !

 

20/01/2017

SK : F5MKT (Jean HELLUY), ANCIEN du 44° R.T.

Jean_Helluy.jpg

Jean HELLUY (F5MKT / Ex-DA1LJ)
(photo visible sur le site http://www.u-e-f.eu)

Je viens de recevoir le message suivant de F8LDX :

Bsr à tous, 

Mme Helluy a annoncé à Philippe F5SAZ le décès de son époux Jean F5MKT de Portbail le 15 janvier.

De mémoire il était arrivé dans le 50 récemment.

Jean Helluy né le 9 juillet 1957, est devenu REF 31242 en juin 1974 comme étudiant résidant à Custines (54). Apparemment a travaillé à la RATP. a été DA1LJ en 78/79. A coopéré à http://www.u-e-f.eu où vous trouverez une photo ancienne (70/80 ?) dans le bandeau gauche ''ils sont passés par ici''.

Adresse de Mme Helluy 4 la grange de dîme 50580 Portbail pour ceux qui veulent adresser un mot de réconfort (même si vous ne connaissiez pas l'OM)

73 jean-yves

J'ai connu Jean en 78/79 au 44ème Régiment de Transmissions. Nous avions tout de suite sympathisé et si les aléas de la vie ont fait que nous nous étions perdus de vue, ce blog nous avait permis de renouer le contact. Jean m'écrivait en septembre 2015 :

"Bonjour Pierre-Antoine. Content d'avoir de tes nouvelles, pour répondre à ta question, je ne serai pas à Etretat le 10, car je retourne dans le Val d'Oise pour une semaine. Je suis en cours de déménagement de Fosses à Porbail. Moi je suis en retraite depuis deux ans et demi mais mon épouse est en activité encore pour un an. Après je serai définitivement à Portbail. Quant à mon activité radio, je suis en cours d'installation, mais je ne dis pas non pour faire une liaison QRP dans le futur. Je suis équipé d'un FT817ND, FT897D, TS440S.
Mais pour cela il faut installer les aériens.

A bientôt, 73 QRO de F5MKT"

Le destin n'aura pas permis que nous nous retrouvions sur l'air...

Au revoir, Jean...

F6CYK / ex-DA1ID

LE 44ème REGIMENT DE TRANSMISSIONS : « LES VEILLEURS DE L’IMPREVU »

   DA1UA,DA2UC,DA1LM,F6CYK
Carte QSL de DA1UA (ex DL5UA), radio-club du "44"

DA1UA,DA2UC,DA1LM,F6CYK

De g. à dr. : au radio-club du "44" : DA1LM - DA2UC - DA1ID (F6CYK) - DA1VT

(Photos F6CYK)

(Article paru sur le site de l'AGEAT - Association de la guerre électronique de l’armée de terre)

Le 44e Régiment de transmissions est un régiment atypique tant dans ses missions, que dans son organisation et son fonctionnement. Spécialisé dans la recherche et l’exploitation du renseignement d’origine électromagnétique (ROEM), il est rattaché organiquement à la brigade de renseignement depuis 199

3, année de création de cette grande unité. Il dépend, pour emploi, du chef d’état-major des armées et, par délégation, reçoit l’essentiel de ses missions de la Direction du renseignement militaire (DRM).

Son histoire

Le régiment trouve ses origines dans le service des écoutes créé dès le début de la première guerre mondiale. En effet, l’usage de la télégraphie sans fil (TSF) par les armées allemandes ont conduit le service de renseignement français à recourir à cette source d’informations, nouvelle pour l’époque.

Le service des écoutes s’est particulièrement illustré, en 1914, au cours de la bataille de Marne en permettant au Grand Quartier Général du général JOFFRE de connaître les intentions, les mouvements et les difficultés logistiques des armées allemandes, évitant ainsi toute surprise stratégique et appuyant efficacement la conduite tactique de la bataille. Durant toute la guerre, le service des écoutes a permis de suivre les vicissitudes des armées du Kaiser aussi bien en interceptant les radiotélégrammes qu’en localisant les émetteurs ennemis.

 

Emplacements des émetteurs allemands en 1918 secteur Montdidier-Compiègne (source SHD)

 

Il est à l’origine en juin 1918, du « télégramme de la victoire » en localisant le réseau et en interceptant le message, qui fut décrypté par le service du chiffre, indiquant ainsi la zone du front, entre Montdidier et Compiègne, où les Allemands allaient produire leur effort. Fort de ce renseignement, le GQG prit les dispositions pour contrer cette attaque, ce qui entraîna dans les semaines suivantes la retraite des armées allemandes et la fin de la guerre quelques mois plus tard.

La filiation directe du régiment remonte à la guerre d’Indochine. Après la seconde guerre mondiale, le conflit indochinois oppose la France au mouvement indépendantiste vietnamien de Ho Chi Minh favorisé par les Japonais durant leur occupation de la péninsule de 1940 à 1945 et soutenu par la Chine de Tchang Kaï-Chek. Les écoutes des réseaux chinois et viêt-minh sont une source d’informations importante pour le commandement du corps expéditionnaire et pour le Haut-Commissariat. En 1948, la compagnie autonome d’écoute et de radiogoniométrie (CAER) s’installe à Saigon et à Hanoï avec ses centres d’écoutes et une chaîne semi-fixe composée de 8 radiogoniomètres est déployée sur la péninsule. Cette chaîne est renforcée de 2 sections de radiogoniomètres mobiles à 6 postes chacune.

Emplacements CAER

 Radiogoniomètre fixe - CAER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La compagnie est rattachée pour emploi à la direction régionale du groupement de contrôle radioélectrique en extrême orient (DRGCR EO). L’ensemble est soutenu en matière de chiffre et de décryptement par le service technique de recherche (STR). Le GCR et le STR sont des entités du service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE devenu aujourd’hui DGSE). En 1950, la CAER contribue à la localisation et à l’évaluation des forces viêt-minh lors des opérations d’évacuation de Cao Bang et, en particulier, de Lang Son par la route coloniale n°4 (RC 4).

 Elle s’illustrera par l’interception des réseaux des forces viêt-minh (notamment les réseaux logistiques) qui sont en charge de l’attaque du camp retranché de Diên Biên Phu entre 1953 et 1954.

 L’efficacité de son travail lui vaudra une citation à l’ordre de la division avec attribution de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures avec étoile d’argent.

 A la fin de la guerre d’Indochine, la plupart des personnels de la CAER rejoignent les forces françaises en Allemagne au sein du 42e Régiment de transmissions (RT).

Mais après l’Indochine, c’est l’Algérie qui voit débarquer les personnels de l’ex-CAER. De 1956 à 1962, la 708e compagnie d’écoutes et de radiogoniométrie, qui prendra l’appellation de 708e compagnie de transmissions suite à une réorganisation, intercepte, à partir d’un centre principal à Alger, de 5 centres secondaires et des détachements sur les barrages frontaliers, et localise, avec 3 radiogoniomètres fixes et une section mobile, les communications du FLN tant en Algérie qu’en Tunisie ou au Maroc.

 

radiogoniomètre mobile-station d'écoute (source M.BAUDOIN)

 Au retour d’Algérie, les personnels retrouve le 42e RT et « la guerre froide ». Suite à différentes réorganisations, le 1er novembre 1967 est créé le 708e bataillon de guerre électronique dont l’équipement des compagnies permet de traiter l’ensemble du spectre électromagnétique (HF, VHF, faisceaux hertziens, radars).

En complément, une chaîne de radiogoniométrie fixe est déployée pour l’essentiel en République Fédérale Allemande (RFA). Leurs cibles, les unités soviétiques du Groupe de Forces Soviétique en Allemagne et ses alliés est-allemands et tchécoslovaques. En 1969, les moyens d’interception sont installés dans des centres frontaliers face à la Tchécoslovaquie (centre d’écoute Tulipe) et en 1979 face à République Démocratique Allemande (centre d’écoute Jacinthe).

 Centre d'écoute TULIPE (source 44° RT)

 Le 708e bataillon de guerre électronique donne naissance au 44e Régiment de transmissions en 1971 qui devient élément organique de la 1ère armée. Le 1er avril 1986 ; il se scinde en deux pour donner naissance à un autre régiment de guerre électronique qui prend l’appellation de 54e RT.

Le régiment quitte LANDAU en Allemagne pour rejoindre MUTZIG en Alsace en 1994

Le régiment aujourd’hui

 Le « 44 » appartient à la brigade de renseignement depuis le 1er septembre 1993 aux côtés de son régiment frère le 54e RT, du 2e Régiment de hussards (2e RH) spécialisé dans le renseignement d’origine humaine (recherche blindée profonde et recueil d’informations), du 61e Régiment d’artillerie en charge du renseignement d’origine image (à partir de drones ou d’imagerie satellite) et du 28e Groupe géographique compétent dans l’appui géographique (création ou mise à jour de cartes générales ou thématiques, numériques ou sur supports papier).

A l’occasion de son rapatriement d’Allemagne, le régiment a mis à profit l’expérimentation d’un centre de guerre électronique à LANDAU pour obtenir qu’un centre similaire, mais adapté à ses besoins du moment avec une perspective d’évolutions, soit construit à MUTZIG pour poursuivre ses missions.

 Centre de guerre électronique (source 44° RT)

Ce centre de guerre électronique (CGE), de conception moderne, est un ouvrage enterré sur la colline dominant la ville. Il a été inauguré en 1995. Ce centre constitue la composante fixe du régiment. Ultra protégé, il est armé 24 heures sur 24 et 365 jours par an à partir du personnel de cinq compagnies dont chacune a des missions spécifiques.

 En cas de projection, ces compagnies renforcent une sixième compagnie qui fournit le noyau de la composante mobile du régiment.

 Le CGE reçoit l’essentiel de ses missions de la Direction du renseignement militaire. Il a vocation à suivre des cibles d’intérêt stratégique dans le cadre de la posture permanente de sûreté au profit de la fonction « connaissance et anticipation ».

Par ailleurs, afin de répondre spécifiquement aux besoins de l’armée de terre, l’ouvrage abrite le centre d’analyse du signal d’intérêt terre (CASIT) en charge de recueillir, d’analyser et de mettre en forme les signaux de référence qui seront téléchargés dans les bibliothèques de signaux des différents systèmes capteurs électromagnétiques mis en œuvre par l’armée de terre. Les missions de ce centre sont pilotées par le commandement des forces terrestres (CFT) en coopération avec la DRM.

Outre la compagnie en charge de la sécurité physique, incendie, technique et électrique du CGE, les quatre autres compagnies qui arment le centre sont composées essentiellement de cadres tant la spécificité de leurs missions impose une technicité à haute valeur ajoutée.

 En effet, l’homme garde une position centrale dans le processus d’élaboration du renseignement d’origine électromagnétique, processus qui se décline en quatre temps : orientations (à partir des missions fixées par le DRM ou le CFT), recherche (ou recueil), exploitation, diffusion. Cycle du renseignement Le bureau des opérations du régiment traduit les orientations en ordres d’interception. C’est le premier temps du processus mis en œuvre au régiment. Une fois ces ordres diffusés, chacune des compagnies prend en charge la part qui lui revient. Salle de quart du CGE en charge du recueil (source 44° RT)

 Le personnel chargé des interceptions et des localisations, dont la formation technique dure près de six mois à l’école des transmissions, surveille les réseaux radioélectriques ciblés afin d’en assurer le suivi et de détecter toute activité pouvant avoir valeur d’indice d’anomalie. Ces spécialistes de l’écoute sont capables de discerner le moindre signal utile, et d’aucuns de les surnommer « les oreilles d’or de la guerre électronique ».  En parallèle de ces interceptions « classiques », une autre catégorie de personnel s’attèle également à des interceptions plus spécifiques. Spécialisé dans la détection et l’analyse du signal électromagnétique, ce personnel traque les signaux particuliers d’origine technique afin de les traiter en vue d’accéder aux informations intelligibles. Leur formation scientifique et technique est d’un niveau élevé et dure près de sept mois à l’école des transmissions avec le concours d’ingénieurs de la direction générale de l’armement – Maîtrise de l’information (ex Centre électronique de l’armement –CELAR à Bruz près de Rennes).  Autre catégorie de personnel intervenant dans le processus de recueil, les linguistes. Formés pendant deux, voire trois années, au Centre de formation interarmées au renseignement (CFIAR), ils interceptent les réseaux radiophoniques ciblés et assurent en direct leur traduction. Ils interviennent également, a posteriori, sur des enregistrements de conversations ou sur des écrits issus des interceptions techniques rendues intelligibles.

 

Salle de traitement des signaux CGE (source 44° RT)

Ces trois types de personnel sont à la base du deuxième temps du processus d’élaboration du renseignement : la recherche (ou le recueil).

 Afin de permettre un décorticage très fin de tous les éléments interceptés, l’ensemble incrémente les bases de données du centre où les spécialistes de l’analyse vont puiser pour disséquer, rapprocher, recouper les informations en vue de leur exploitation à fins de renseignement. C’est le troisième temps du processus. Là encore, la formation de ce personnel est longue ; elle dure près de sept mois au CFIAR. Certains de ces spécialistes suivent un module de formation complémentaire dans le décodage afin de percer les techniques de protection utilisées par certaines cibles dans la transmission de leurs informations.

 

salle analyse-exploitation en Afrique (source 44° RT)

 Afin d’assurer la diffusion du renseignement ainsi élaboré (quatrième temps du processus), le centre dispose des moyens de télécommunications adaptés et protégés pour adresser sa production aux autorités compétentes.

Prolongement du niveau stratégique, le niveau opératif nécessite la projection de moyens adéquats sur les théâtres d’opérations. C’est la mission de la compagnie en charge de la composante mobile.

Regroupant essentiellement du personnel spécialisé en interception et localisation (cadres et militaires du rang), et dans une moindre mesure en analyse du signal, cette unité dispose de moyens légers en coffrets rapidement projetables avec le renfort approprié en personnel des compagnies armant le CGE.

 salle de recueil en Afrique (source 44° RT)

 En complément, la compagnie dite « mobile » peut déployer un système complet d’interception et de localisation à base de radiogoniomètres monté sur véhicules auquel est associé un ensemble de traitement et d’exploitation des informations recueillies ainsi que des moyens de transmissions, s’apparentant ainsi à un « mini CGE » projetable. Ce « mini CGE » fournit sa production aux autorités militaires du théâtre ainsi qu’aux organismes centraux de renseignement en métropole sur lesquels il peut s’appuyer en cas de nécessité.

Composante mobile en zone désertique (source 44° RT)

 Pour pleinement prendre en compte les spécificités des missions, de l’organisation et du fonctionnement du régiment, chaque personnel nouvellement affecté, qu’il sorte d’école ou qu’il arrive d’une autre unité, suit une formation d’adaptation.

Conclusion

Chaque type de savoir-faire est regroupé au sein d’une compagnie afin d’avoir un effet de masse. Cette organisation et ce fonctionnement permettent d’assurer le continuum entre le fonctionnement du centre de guerre électronique tout au long de l’année et l’armement des détachements en opérations extérieures ou lors de missions de courte durée. Tout le personnel met en œuvre ses savoir-faire sans rupture, au fil des jours, quelles que soient sa mission et sa localisation géographique, mais toujours sur des objectifs réels en gardant à l’esprit le souci de discrétion et du secret.

 Présents sur tous les théâtres où sont engagées les forces françaises, habitués à travailler dans l’ombre, « les veilleurs de l’imprévu » n’en obtiennent pas moins des résultats significatifs mis en exergue par de nombreuses récompenses individuelles mais également par la reconnaissance collective, de l’efficience du CGE lors de l’opération HARMATTAN et l’attribution d’une citation à l’ordre de l’armée dans le cadre de l’engagement du 44 en Afghanistan de 2001 à 2012, rejoignant ainsi son illustre aïeule.

Citation à l'ordre de l'armée (source 44° RT) Résolument tourné vers l’avenir, en phase avec les évolutions technologiques dans le domaine des télécommunications, le 44e Régiment de transmissions peut continuer sereinement sa route, fier de sa devise « Rien ne craint que le silence ».

 JM D (photos : 44° RT)

 

30/11/2016

OU SE TROUVE LA STATION SPATIALE INTERNATIONALE ?

THOMAS PASQUET, ASTRONAUTE ET RADIOAMATEUR NORMAND : CONTACTEZ FX0ISS !

L'indicatif FX0ISS a été attribué à la Station Spatiale Internationale. Thomas PESQUET (KG5FYG) en est l'opérateur de mi-novembre 2016 à mi-mai 2017. Les liaisons se font en F3E bande étroite sur 145.200 Mhz / 145.800 MHz avec moins de 10 watts.

Fréquence de montée :145.200 Mhz

Fréquence de descente : 145.800 Mhz

Pour la petite histoire Claudie-Andrée Dehais et son mari Jean-Pierre Haigneré étaient respectivement FX0STA et FX0STB.

Où se trouve l'ISS ? Cliquez ici pour retrouver le site d'Astropléïades.